Slovensko…and others


3 avril 2010, 16:21
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2 avril 2010, 19:04
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4zivly / 4 elements festival
1 avril 2010, 18:03
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1 avril 2010, 17:36
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Katarzyna Widmanska
5 mars 2007, 19:17
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Zuzka Bageta
11 décembre 2006, 14:22
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Lada…
10 décembre 2006, 09:29
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La discrimination des Roms…
21 novembre 2006, 16:19
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En ce jour de célébration, lundi 20 novembre, de la Journée internationale des droits de l’enfant, l’Union européenne (UE) est toujours confrontée à la situation préoccupante des enfants roms en Europe centrale. L’Observatoire européen des phénomènes racistes et xénophobes (EUMC) s’inquiète que de nombreux enfants roms y soient placés dans des écoles spéciales, “pour handicapés”, au lieu d’être scolarisés normalement. “Un phénomène qui reste inquiétant en Hongrie, Slovaquie et République tchèque”, précise son rapport de 20

Ce constat est corroboré par une étude de l’eurodéputée hongroise, Viktoria Mohacsi, elle-même rom, qui dénombre entre 28 % et 87 % des enfants roms dans ces “écoles spéciales” en République tchèque, Slovaquie, Hongrie, Bulgarie et Roumanie. Cette dernière, qui rejoindra avec la Bulgarie l’UE en 2007, a la plus importante communauté rom d’Europe : 1,8 million, selon les estimations du Conseil de l’Europe.

Les écoles spéciales existaient déjà quand ces pays vivaient sous régime communiste et regroupaient tous les “inadaptés”. Aujourd’hui, il s’y trouve une majorité d’enfants roms arrivés là pour diverses raisons : difficultés d’apprentissage, problèmes comportementaux ou parce que leurs parents y étaient déjà. “Les directeurs des écoles normales conseillent parfois aux parents d’y mettre leurs enfants car ils seront entre eux : eux-mêmes y sont allés, ils savent où vont leurs enfants ; de plus, ils ne subiront pas d’agressions racistes de la part des autres enfants. Ça les rassure”, témoigne Sarah Ecoffet, de l’ONG hongroise Chance for Children Foundation.

“Les enfants sont dirigés vers ces écoles sur la base de tests, auxquels ils ne peuvent pas répondre car ils font référence à des objets qui n’appartiennent pas à leur environnement”, explique Karin Waringo du Forum européen des Roms, une ONG soutenue par le Conseil de l’Europe.

Ainsi, par manque d’intégration culturelle, ils sont exclus du système général dès leur plus jeune âge, dans le but de leur offrir un moyen de rattrapage scolaire rapide. “Mais dans les faits, très peu de Roms en ressortent”, constate Antonela Capelle-Pogacean, chercheuse au Centre d’études et de recherches internationales. Résultat, en Hongrie, “plus de 78 % de ces enfants ne dépassent pas le niveau du collège et 2 % seulement fréquentent l’enseignement supérieur”, souligne-t-elle. En Roumanie, sur 2, 1 % d’analphabètes, en 2004, une majorité était rom.

Pourtant, l’entrée dans l’UE avait reformulé la problématique rom dans une logique antidiscriminatoire. Un projet européen – Décennie d’intégration des Roms 2005-2015 – a été engagé, en 2005, associant gouvernements, ONG et Roms. Et, depuis les années 2000, les pays d’Europe centrale ont effectivement développé d’actives politiques nationales de discrimination positive, attribuant des fonds de soutien aux écoles, proposant des collations aux enfants pour lutter contre l’absentéisme, et versant des allocations aux parents pour les inciter à envoyer leurs enfants à l’école plutôt qu’au travail. Mais ces mesures en faveur des minorités ont eu des effets pervers.

En Hongrie, bon élève pour sa politique d’intégration, des subventions ont été accordées aux écoles qui accueillent des enfants des minorités et qui enseignent le romani. Cela a abouti à la création de classes spéciales où ne se retrouvent que des Roms, parfois dans des quartiers où n’habitent que des Roms, provoquant ainsi un phénomène de ghettoïsation que l’on retrouve, à différents degrés, en Bulgarie ou en Roumanie. En outre, les professeurs ne veulent pas aller dans ces ghettos. Conséquence : ces écoles sont mal équipées et le niveau de l’enseignement y est plus faible qu’ailleurs.

Selon des ONG, actuellement, la seule voie efficace pour améliorer le sort de ces enfants, c’est la justice. En dénonçant les écoles qui refusent de les accueillir, ils créent une jurisprudence, comme ce fut le cas dans la ville de Miskolc, où un établissement a été condamné pour avoir isolé des enfants roms dans une classe à part. La plupart ont été réintégrés. Ce qui explique la démarche du Forum européen des Roms qui, le 8 novembre, a demandé au comité des ministres du Conseil de créer une “charte des droits des Roms” juridiquement contraignante. La Commission européenne a désigné l’année 2007 comme l’année européenne de l’égalité des chances, ce qui ne peut que nourrir l’espoir des enfants roms.

 

Anne Rodier – Le Monde



Euston manifesto
23 septembre 2006, 09:15
Filed under: Divers

-Petit manifeste  dont les éléments constitutifs sont toujours bon à rappeler à l’heure de la démagogie ambiante-

A. Préambule

Nous sommes des démocrates et des progressistes qui entendons proposer ici un nouveau positionnement politique. Si nombre d’entre nous se réclament de la gauche, les principes que nous proposons ne jettent pas d’exclusive. Au-delà de la gauche socialiste, nous nous adressons aussi à ceux qui sont attachés au principe d’égalité et, de manière générale, à tous les vrais démocrates. La recomposition du pôle progressiste que nous appelons de nos voeux implique en effet de marquer la différence entre les forces de gauche qui demeurent fidèles aux valeurs authentiques de celle-ci et les courants qui, récemment, ont fait preuve d’une trop grande flexibilité à leur égard. Nous faisons cause commune avec les authentiques démocrates, qu’ils soient ou non socialistes.

Notre projet prend ses racines dans l’Internet, où nous nous sommes retrouvés, en particulier dans la “blogosphère”. Mais nous constatons que ce point de vue ne jouit pas d’une visibilité suffisante ailleurs, dans les médias et les autres instances du débat public.

La présente déclaration de principes est une déclaration d’intention. Elle inaugure un site Internet destiné à soutenir le courant de pensée qu’elle espère représenter et les nombreux blogs et sites fondateurs qui sont à l’origine du présent appel en faveur d’un réalignement des forces progressistes.

 

B. Déclaration de principes

1. Pour la démocratie

Nous nous reconnaissons dans les règles, procédures et structures démocratiques que sont notamment la liberté d’opinion et de réunion, les élections libres, la séparation des pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire, ainsi que la séparation entre l’Etat et les religions. Nous accordons une grande valeur à cet héritage de la bonne gouvernance que représentent les traditions et les institutions des pays qui ont vu l’enracinement de démocraties libérales pluralistes.

2. Pas d’excuse pour la tyrannie

Nous nous refusons à faire preuve de “compréhension” et d’indulgence à l’égard des régimes et des mouvements réactionnaires qui haïssent et combattent la démocratie, à savoir les régimes qui oppriment leur peuple et les mouvements qui aspirent à faire de même. Nous tenons à marquer notre différence par rapport à ces voix de gauche qui, aujourd’hui, sont promptes à offrir des explications culpabilisées de nature à excuser ces forces politiques.

3. Les droits de l’homme pour tous

Nous tenons les droits humains fondamentaux, tels qu’ils sont codifiés dans la Déclaration Universelle, pour universels, précisément, applicables à tous les Etats et toutes les forces politiques, bref à tous. De même la violation de ces droits doit être condamnée quel qu’en soit le responsable ou le contexte culturel. Nous rejetons la pratique du “deux poids, deux mesures” de progressistes auto-proclamés qui dénoncent plus vigoureusement que d’autres violations manifestement plus graves des violations moindres (mêmes si elles sont bien réelles) survenant à domicile, où dont la responsabilité peut être imputée à des gouvernements honnis. Nous rejetons de même le point de vue relativiste selon lequel les droits fondamentaux ne seraient pas applicables dans certaines sociétés.

lire la suite http://www.eustonmanifesto.org/joomla/translations/manifesto/fr/euston_manifesto.html



“La Religieuse” – Jacques Rivette
19 septembre 2006, 15:29
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Faut-il brûler Denis Diderot ? C’est en ces termes abrupts que la question s’est posée en 1966, quand, plus de deux siècles après l’écriture de La Religieuse, Jacques Rivette a voulu adapter ce roman au cinéma. En 1760, l’écrivain fit, selon ses propres termes, “une effroyable satire des couvents”. Sur un mode épistolaire, il décrivit le sort de l’infortunée Suzanne Simonin, destinée par ses parents à l’état religieux sans qu’elle en ait la vocation. La religieuse tentera de quitter le couvent dans lequel on l’a enfermée et de recouvrer sa liberté. Après avoir été chérie par la supérieure de Longchamp, la jeune Suzanne devra supporter les affres et les injustices de sa remplaçante, une nouvelle abbesse sadique, puis dans un autre couvent, à Saint-Eutrope près d’Arpajon, les avances et les cajoleries d’une autre supérieure, saphique cette fois-ci.

Sans doute échaudé par les trois mois de prison qu’il avait passés en 1749 après la publication de la Lettre sur les aveugles à l’usage de ceux qui voient, Denis Diderot ne publia pas La Religieuse de son vivant. L’édition originale ne vit le jour qu’en 1796. Si l’Eglise n’a jamais mis ce roman à l’Index, l’Etat l’a interdit par deux fois, en 1824 et en 1825.

Son adaptation au cinéma par Jacques Rivette a déclenché, bien avant la sortie du film, l’un des plus spectaculaires scandales du septième art en France. En 1959, Jacques Rivette mène, à 31 ans, une double carrière de réalisateur et de rédacteur en chef des Cahiers du cinéma. Il vient de signer son premier long métrage, Paris nous appartient, et propose un nouveau projet au producteur Georges de Beauregard. Ce dernier ne semble guère emballé mais vient de lire le roman de Diderot. “Je suis sûr que cela ferait un film magnifique”, lance-t-il à Jacques Rivette.

Faute de moyens, le projet avance doucement. En mai 1962, un premier scénario est soumis à la commission de contrôle. Première déconvenue, l’avis de précensure est défavorable.

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Début 1963, le scénario du film, cosigné par Jean Gruault, donne lieu à une adaptation théâtrale par Jean-Luc Godard – avec Anna Karina dans le rôle-titre – au Studio des Champs-Elysées. La pièce ne provoque aucun scandale, selon Antoine Bourseiller, alors responsable du lieu, qui ne cache pas qu’elle s’est soldée par un “vrai four”. Au moins convainc-t-elle Georges de Beauregard qu’Anna Karina est l’interprète idéale.

LE SENS MORAL “BLESSÉ”

Les rumeurs sur le film suscitent de graves inquiétudes. De façon inhabituelle, la présidente de l’Union des supérieures majeures, alertée par la centrale catholique du cinéma, écrit le 12 octobre 1965 au ministre de l’information, Alain Peyrefitte, pour lui faire part de l’inquiétude des 120 000 religieuses de France devant la menace d’”un film blasphématoire qui déshonore les religieuses”. Redoute-t-elle une crise des vocations ? A trois semaines de l’élection présidentielle, le ministre lui répond sans ambiguïté : “Je partage entièrement les sentiments qui vous animent (…). Aussi je tiens à vous donner l’assurance que je n’hésiterai pas à utiliser dans leur plénitude les pouvoirs qui sont les miens.” La campagne se propage comme une traînée de poudre. La puissante Association des parents d’élèves de l’enseignement libre demande l’interdiction d’un film “qui diffame et travestit la vie religieuse”. A l’initiative du couvent des Oiseaux, école catholique du 16e arrondissement de Paris, les anciennes élèves de nombreux établissements sont invitées à demander “l’interdiction d’un film qui porte atteinte à la dignité de la femme, à l’honneur des religieuses, blesse le sens moral, défigure les religieuses, anciennes éducatrices de nos mères et de nos épouses, le plus souvent encore éducatrices de nos enfants”. Plusieurs centaines de milliers de lettres arrivent sur le bureau du ministre et sont également envoyées à l’épouse du général de Gaulle.

L’indignation des religieuses a été reprise par d’autres, à d’autres fins. Selon la psychanalyste Jeanne Favret-Saada, l’Eglise de France, qui n’a pas voulu cette campagne, devra s’en arranger. Elle tombe au pire moment, quand le concile Vatican II se termine et proclame l’ouverture du catholicisme aux expressions de la modernité et du monde non chrétien.

L’affaire prend un tour politique : le préfet de police, Maurice Papon, interpellé par le conseiller municipal parisien Edouard Frédéric-Dupont, adopte la position défensive d’Alain Peyrefitte. Alors que Jacques Rivette a reçu l’autorisation de tourner dans l’abbaye de Fontevrault, qui dépend de l’administration des Monuments historiques, ses projets sont contrariés par le garde des sceaux, Jean Foyer, qui est aussi député de Maine-et-Loire. Ce dernier déclare que “le tournage risque de gêner ses électeurs catholiques”, obligeant ainsi le réalisateur à tourner à Avignon. L’Eglise et l’Etat, les catholiques traditionalistes, la droite réactionnaire : les ingrédients d’un beau scandale sont réunis.

Le 22 mars 1966, le film, rebaptisé Suzanne Simonin, la Religieuse de Diderot, passe devant la commission de contrôle. Verdict : le film peut être distribué en salles mais doit être interdit aux mineurs de moins de 18 ans. Une semaine plus tard, le nouveau secrétaire d’Etat à l’information, Yvon Bourges, réunit une nouvelle fois la commission de contrôle. Cette fois-ci, il convoque Maurice Grimaud, directeur de la Sûreté nationale, pour expliquer les dangers que la projection du film feraient courir à l’ordre public. Cette manoeuvre du gouvernement n’émeut en rien la commission, qui confirme son premier vote. Mais son avis en matière de censure n’est que consultatif et Yvon Bourges décide d’interdire, le 1er avril 1966, la distribution en France et à l’exportation du film de Jacques Rivette.

Les motivations de M. Bourges sont cotonneuses, le film risquant à ses yeux de “heurter gravement les sentiments et les consciences d’une très large partie de la population”. Me Georges Kiejman, avocat de Georges de Beauregard, estime aujourd’hui que “cette censure a été largement inspirée par Yvonne de Gaulle”, l’épouse du général, ancienne élève des dominicaines – un avis que partage Jacques Rivette.
“MINISTRE DE LA KULTUR”

L’interdiction déclenche immédiatement une violente campagne de presse. Pierre Daix appelle dans Les Lettres françaises à “libérer “La Religieuse”". Claude Mauriac s’étonne dans Le Figaro que des milliers de pétitionnaires aient depuis des mois réclamé l’interdiction d’un film qu’ils n’avaient pas vu. Dans L’Express, Françoise Giroud cite Voltaire : “Malheur aux politiques qui ne connaissent pas le prix des Beaux-Arts.” La réaction la plus violente vient de Jean-Luc Godard, qui signe dans Le Nouvel Observateur une lettre ouverte incendiaire à André Malraux, “ministre de la Kultur”. Un manifeste des “1 789″ rassemble des signatures de tous les horizons politiques et même du clergé. On y trouve même celle de Gaëtan Picon, principal collaborateur d’André Malraux…

Pendant ce temps, Georges Kiejman dépose un recours en annulation de la décision ministérielle devant le tribunal administratif. Rechignant à endosser l’habit du censeur, André Malraux, ministre chargé des affaires culturelles, refuse de faire bloc avec le gouvernement. Diplomate, il ne s’oppose pas à ce que la candidature de La Religieuse soit proposée pour représenter la France au Festival de Cannes. Le film est sélectionné et, bien qu’interdit en salles, est projeté au Palais des festivals. Sans incident. Enfin dévoilé, il est applaudi. Et surprend : cette oeuvre si attendue ne recèle pas de motif à scandale. Le film de Jacques Rivette est austère, sobre, philosophique, émouvant et d’une grande fidélité au roman. Rien de commun avec sa réputation sacrilège : la foi de Suzanne Simonin ne chancelle pas. La religieuse refuse simplement l’arbitraire, la méchanceté et l’état de bonne soeur.

En mars 1967, le tribunal administratif annule, pour vice de forme, la décision d’interdire La Religieuse. Une nouvelle fois, la commission de contrôle propose d’autoriser le film. Le successeur d’Yvon Bourges, Georges Gorse, le nouveau ministre de l’information, lui accorde un visa d’exploitation mais en restreint l’accès, il reste interdit aux moins de 18 ans.

Dans la torpeur de l’été 1967, le 26 juillet, Suzanne Simonin, la Religieuse de Diderot sort dans cinq salles parisiennes. L’”affaire” a fait une grande publicité au film, qui enregistre 165 000 entrées en cinq semaines. Le public s’arrache aussi le roman de Diderot, plusieurs fois réédité après 1967. L’épilogue intervient en 1975 : le Conseil d’Etat confirme l’illégalité du refus de visa opposé au film onze ans plus tôt. Jacques Rivette dit aujourd’hui s’être trouvé au milieu de cette affaire “sans l’avoir cherché”. “Pour Georges de Beauregard, indique-t-il, ce scandale a été une catastrophe absolue. Il a dû céder ses droits avant que le film ne sorte en salles.”
Nicole Vulser




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