Filed under: Europe de l'Est, Presse, slovakia | Tags: Gypsy, Racism, Roma, Roms, slovakia
OSTROVANY, Slovakia — The gray barrier evokes the West Bank or cold war Berlin: a 500-foot-long, 7-foot-high concrete wall that separates a Roma ghetto from the neatly manicured homes of gadzos, or white people, on the other side.
“Why didn’t they use the money to help improve our homes instead of building a wall?” asked Alena Kalejova, 22, staring out of her freezing mud hut at the wall, erected with $17,500 of public money. A powerful stench from the piles of soiled diapers, cigarette butts and rotting food strewn outside wafted into her makeshift home, which lacks running water. Her sickly toddler, Daniela, lay motionless on a rusty cot.
more … : http://www.nytimes.com/2010/04/03/world/europe/03roma.html?pagewanted=all

Le jour où les Roms ont déchanté
http://alest.blogs.courrierinternational.com/
Vendredi 25 mai, en lieu et place d’un article sur les péripéties d’un groupe de musiciens roms hongrois en France, le journal gratuit Matin + publia une page entière de publicité sur… un festival de musique.
Cet article, sélectionné, traduit et édité par Courrier International devait être publié en vertu d’un accord qui lie les deux publications, donnant à Courrier une totale liberté quant aux choix des sujets et des articles traduits.
Pendant que cette affaire est discutée avec plus ou moins du succès au plus haut niveau entre nos deux publications, et en attendant que d’autres instances s’en mêlent – ou pas –, je profite donc de mon blog pour raconter l’histoire de ce “papier” qui a tant “offensé la police française” que Vincent Bolloré, à qui appartient Matin + (Le Monde y possède 30 %), a décidé de passer à la trappe.
Au départ, c’est une histoire, malheureusement banale, de ce qui semble être un excès de zèle de fonctionnaires de police, un zèle que ces derniers ne manqueront pas de justifier par quelque impératif sécuritaire. Un groupe de musiciens roms, Romengo, très connu en Hongrie mais aussi en France et en Europe où ils se produisent régulièrement, revient d’une tournée à Sablé-sur-Sarthe où ils ont joué, à l’invitation des autorités locales, devant un public “enthousiaste et chaleureux”. Les choses se gâtent à l’aéroport de Roissy, peu avant d’embarquer sur le vol de retour vers Budapest, assuré par Air France. Les policiers trouvent l’un des étuis de guitare suspect, retiennent les musiciens, font attendre pendant des heures les autres passagers de l’avion. La fouille s’éternise, on passe à des interrogatoires laborieux, puis subitement les policiers disparaissent, sans donner plus d’explications. Lorsque les musiciens montent enfin dans l’avion, c’est le commandant de bord qui, d’autorité, leur interdit de prendre son vol. Les Roms passent la nuit à l’aéroport et ne repartent que le lendemain sur un autre vol vers Budapest, où ils ne manquent pas de raconter leurs péripéties à la presse.
Le papier en question, que nous avons publié sur notre site, est plutôt ironique que méchant : il est signé par un ancien consul hongrois à Paris, écrivain et poète à ses heures, qui a visiblement pris à cœur de dénoncer le traitement réservé à ses compatriotes. En bon ressortissant d’un ex-satellite soviétique, l’auteur se permet un parallèle cocasse entre ces pratiques et celles qu’avaient lieu en son temps, où règnaient l’ubuesque et l’arbitraire. C’était là, selon moi, l’intérêt de ce papier quelque peu insolite (on pose rarement des problèmes à ceux qui repartent chez eux aux frontières de l’UE…), dans l’entrelacement de ces deux mémoires européennes – car, après tout, la presse française regorge d’articles qui relatent les mésaventures d’étrangers jugés “problématiques” par les autorités compétentes françaises. Et c’est pour cela que, en tant que chef du service Europe de l’Est, je l’ai proposé à la publication : à la fois “chez nous” et chez nos amis de Matin + à travers qui on espère toucher un public plus large que les lecteurs habituels de Courrier International.
L’équipe de Bolloré aux commandes de Matin + ne l’a pas entendu de cette oreille. “On ne peut pas parler de la sorte de la police française”, m’a rapporté l’indignation de la direction une source “amie” au sein du journal lorsque je suis allé aux nouvelles. L’article, de surcroît, à été trappé, si l’on peut dire, dans les règles de l’art : tard le soir, et dans le dos des deux journalistes du Monde qui y travaillent. Mais ça parlementait encore, ce vendredi 25 mai, puisque mes contacts m’assuraient que l’article sera publié, sans faute le mardi 29, qu’ils auraient obtenu gain de cause dans leur bras de fer avec les “Bolloré boys”. Mais mardi 29, point de Roms dans Matin +. Et mercredi on me dit que c’est le boss lui-même qui a pris la responsabilité de ne pas publier le papier.
Voici donc l’histoire toute simple d’une petite censure, franche et décomplexée, pour un papier qui, ma foi, n’en méritait pas autant. Que faire ? Appeler Reporters sans frontières ? quand même pas… En revanche, un coup de fil à Viviane Szabo, la manager du groupe, m’apprend que Romengo compte déposer plainte pour le traitement qu’ont subi ses membres en France. Ils étaient cinq : quatre adultes et une petite fille de neuf ans, la danseuse. Mme Szabo me raconte l’engagement des musiciens de Romengo pour le dialogue entre les cultures, un engagement récompensé par de nombreux prix européens. Elle me rappelle que, lors de leur tournée à Sablé-sur-Sarthe, les musiciens de Romengo sont également intervenus dans quatre écoles pour parler des “arts et de la musique comme moteur de revalorisation culturelle, d’intégration et de mobilité européenne”.
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En ce jour de célébration, lundi 20 novembre, de la Journée internationale des droits de l’enfant, l’Union européenne (UE) est toujours confrontée à la situation préoccupante des enfants roms en Europe centrale. L’Observatoire européen des phénomènes racistes et xénophobes (EUMC) s’inquiète que de nombreux enfants roms y soient placés dans des écoles spéciales, “pour handicapés”, au lieu d’être scolarisés normalement. “Un phénomène qui reste inquiétant en Hongrie, Slovaquie et République tchèque”, précise son rapport de 20
Ce constat est corroboré par une étude de l’eurodéputée hongroise, Viktoria Mohacsi, elle-même rom, qui dénombre entre 28 % et 87 % des enfants roms dans ces “écoles spéciales” en République tchèque, Slovaquie, Hongrie, Bulgarie et Roumanie. Cette dernière, qui rejoindra avec la Bulgarie l’UE en 2007, a la plus importante communauté rom d’Europe : 1,8 million, selon les estimations du Conseil de l’Europe.
Les écoles spéciales existaient déjà quand ces pays vivaient sous régime communiste et regroupaient tous les “inadaptés”. Aujourd’hui, il s’y trouve une majorité d’enfants roms arrivés là pour diverses raisons : difficultés d’apprentissage, problèmes comportementaux ou parce que leurs parents y étaient déjà. “Les directeurs des écoles normales conseillent parfois aux parents d’y mettre leurs enfants car ils seront entre eux : eux-mêmes y sont allés, ils savent où vont leurs enfants ; de plus, ils ne subiront pas d’agressions racistes de la part des autres enfants. Ça les rassure”, témoigne Sarah Ecoffet, de l’ONG hongroise Chance for Children Foundation.
“Les enfants sont dirigés vers ces écoles sur la base de tests, auxquels ils ne peuvent pas répondre car ils font référence à des objets qui n’appartiennent pas à leur environnement”, explique Karin Waringo du Forum européen des Roms, une ONG soutenue par le Conseil de l’Europe.
Ainsi, par manque d’intégration culturelle, ils sont exclus du système général dès leur plus jeune âge, dans le but de leur offrir un moyen de rattrapage scolaire rapide. “Mais dans les faits, très peu de Roms en ressortent”, constate Antonela Capelle-Pogacean, chercheuse au Centre d’études et de recherches internationales. Résultat, en Hongrie, “plus de 78 % de ces enfants ne dépassent pas le niveau du collège et 2 % seulement fréquentent l’enseignement supérieur”, souligne-t-elle. En Roumanie, sur 2, 1 % d’analphabètes, en 2004, une majorité était rom.
Pourtant, l’entrée dans l’UE avait reformulé la problématique rom dans une logique antidiscriminatoire. Un projet européen – Décennie d’intégration des Roms 2005-2015 – a été engagé, en 2005, associant gouvernements, ONG et Roms. Et, depuis les années 2000, les pays d’Europe centrale ont effectivement développé d’actives politiques nationales de discrimination positive, attribuant des fonds de soutien aux écoles, proposant des collations aux enfants pour lutter contre l’absentéisme, et versant des allocations aux parents pour les inciter à envoyer leurs enfants à l’école plutôt qu’au travail. Mais ces mesures en faveur des minorités ont eu des effets pervers.
En Hongrie, bon élève pour sa politique d’intégration, des subventions ont été accordées aux écoles qui accueillent des enfants des minorités et qui enseignent le romani. Cela a abouti à la création de classes spéciales où ne se retrouvent que des Roms, parfois dans des quartiers où n’habitent que des Roms, provoquant ainsi un phénomène de ghettoïsation que l’on retrouve, à différents degrés, en Bulgarie ou en Roumanie. En outre, les professeurs ne veulent pas aller dans ces ghettos. Conséquence : ces écoles sont mal équipées et le niveau de l’enseignement y est plus faible qu’ailleurs.
Selon des ONG, actuellement, la seule voie efficace pour améliorer le sort de ces enfants, c’est la justice. En dénonçant les écoles qui refusent de les accueillir, ils créent une jurisprudence, comme ce fut le cas dans la ville de Miskolc, où un établissement a été condamné pour avoir isolé des enfants roms dans une classe à part. La plupart ont été réintégrés. Ce qui explique la démarche du Forum européen des Roms qui, le 8 novembre, a demandé au comité des ministres du Conseil de créer une “charte des droits des Roms” juridiquement contraignante. La Commission européenne a désigné l’année 2007 comme l’année européenne de l’égalité des chances, ce qui ne peut que nourrir l’espoir des enfants roms.
Anne Rodier – Le Monde
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