Slovensko…and others


Walls, real and imagined, Surround the Roma
4 avril 2010, 11:00
Filed under: Europe de l'Est, Presse, slovakia | Tags: , , , ,

OSTROVANY, Slovakia — The gray barrier evokes the West Bank or cold war Berlin: a 500-foot-long, 7-foot-high concrete wall that separates a Roma ghetto from the neatly manicured homes of gadzos, or white people, on the other side.

“Why didn’t they use the money to help improve our homes instead of building a wall?” asked Alena Kalejova, 22, staring out of her freezing mud hut at the wall, erected with $17,500 of public money. A powerful stench from the piles of soiled diapers, cigarette butts and rotting food strewn outside wafted into her makeshift home, which lacks running water. Her sickly toddler, Daniela, lay motionless on a rusty cot.

more … : http://www.nytimes.com/2010/04/03/world/europe/03roma.html?pagewanted=all



La discrimination des Roms…
21 novembre 2006, 16:19
Filed under: Divers, Europe de l'Est, Mitteleuropa, Presse, slovakia, Tt ce qui fait c...

En ce jour de célébration, lundi 20 novembre, de la Journée internationale des droits de l’enfant, l’Union européenne (UE) est toujours confrontée à la situation préoccupante des enfants roms en Europe centrale. L’Observatoire européen des phénomènes racistes et xénophobes (EUMC) s’inquiète que de nombreux enfants roms y soient placés dans des écoles spéciales, “pour handicapés”, au lieu d’être scolarisés normalement. “Un phénomène qui reste inquiétant en Hongrie, Slovaquie et République tchèque”, précise son rapport de 20

Ce constat est corroboré par une étude de l’eurodéputée hongroise, Viktoria Mohacsi, elle-même rom, qui dénombre entre 28 % et 87 % des enfants roms dans ces “écoles spéciales” en République tchèque, Slovaquie, Hongrie, Bulgarie et Roumanie. Cette dernière, qui rejoindra avec la Bulgarie l’UE en 2007, a la plus importante communauté rom d’Europe : 1,8 million, selon les estimations du Conseil de l’Europe.

Les écoles spéciales existaient déjà quand ces pays vivaient sous régime communiste et regroupaient tous les “inadaptés”. Aujourd’hui, il s’y trouve une majorité d’enfants roms arrivés là pour diverses raisons : difficultés d’apprentissage, problèmes comportementaux ou parce que leurs parents y étaient déjà. “Les directeurs des écoles normales conseillent parfois aux parents d’y mettre leurs enfants car ils seront entre eux : eux-mêmes y sont allés, ils savent où vont leurs enfants ; de plus, ils ne subiront pas d’agressions racistes de la part des autres enfants. Ça les rassure”, témoigne Sarah Ecoffet, de l’ONG hongroise Chance for Children Foundation.

“Les enfants sont dirigés vers ces écoles sur la base de tests, auxquels ils ne peuvent pas répondre car ils font référence à des objets qui n’appartiennent pas à leur environnement”, explique Karin Waringo du Forum européen des Roms, une ONG soutenue par le Conseil de l’Europe.

Ainsi, par manque d’intégration culturelle, ils sont exclus du système général dès leur plus jeune âge, dans le but de leur offrir un moyen de rattrapage scolaire rapide. “Mais dans les faits, très peu de Roms en ressortent”, constate Antonela Capelle-Pogacean, chercheuse au Centre d’études et de recherches internationales. Résultat, en Hongrie, “plus de 78 % de ces enfants ne dépassent pas le niveau du collège et 2 % seulement fréquentent l’enseignement supérieur”, souligne-t-elle. En Roumanie, sur 2, 1 % d’analphabètes, en 2004, une majorité était rom.

Pourtant, l’entrée dans l’UE avait reformulé la problématique rom dans une logique antidiscriminatoire. Un projet européen – Décennie d’intégration des Roms 2005-2015 – a été engagé, en 2005, associant gouvernements, ONG et Roms. Et, depuis les années 2000, les pays d’Europe centrale ont effectivement développé d’actives politiques nationales de discrimination positive, attribuant des fonds de soutien aux écoles, proposant des collations aux enfants pour lutter contre l’absentéisme, et versant des allocations aux parents pour les inciter à envoyer leurs enfants à l’école plutôt qu’au travail. Mais ces mesures en faveur des minorités ont eu des effets pervers.

En Hongrie, bon élève pour sa politique d’intégration, des subventions ont été accordées aux écoles qui accueillent des enfants des minorités et qui enseignent le romani. Cela a abouti à la création de classes spéciales où ne se retrouvent que des Roms, parfois dans des quartiers où n’habitent que des Roms, provoquant ainsi un phénomène de ghettoïsation que l’on retrouve, à différents degrés, en Bulgarie ou en Roumanie. En outre, les professeurs ne veulent pas aller dans ces ghettos. Conséquence : ces écoles sont mal équipées et le niveau de l’enseignement y est plus faible qu’ailleurs.

Selon des ONG, actuellement, la seule voie efficace pour améliorer le sort de ces enfants, c’est la justice. En dénonçant les écoles qui refusent de les accueillir, ils créent une jurisprudence, comme ce fut le cas dans la ville de Miskolc, où un établissement a été condamné pour avoir isolé des enfants roms dans une classe à part. La plupart ont été réintégrés. Ce qui explique la démarche du Forum européen des Roms qui, le 8 novembre, a demandé au comité des ministres du Conseil de créer une “charte des droits des Roms” juridiquement contraignante. La Commission européenne a désigné l’année 2007 comme l’année européenne de l’égalité des chances, ce qui ne peut que nourrir l’espoir des enfants roms.

 

Anne Rodier – Le Monde



Mitteleuropa
27 octobre 2006, 07:40
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Slovaquie

Le Parti socialiste européen suspend le Smer slovaque

Le Parti socialiste européen (PSE) a décidé, jeudi 12 octobre, de suspendre le Smer, parti du premier ministre slovaque, Robert Fico, de son statut de « membre provisoire » obtenu en 2005. Il sanctionne ainsi la décision de M. Fico de s’allier avec l’extrême-droite pour constituer un gouvernement. Le PSE réexaminera la situation en juin 2007. Cette décision a été prise par la présidence du PSE, qui comprend les représentants des 33 partis membres et du groupe au Parlement européen.

Pologne
Les frères Kaczynski se démènent pour éviter des élections anticipées

En chute dans les sondages, le parti conservateur Droit et justice (PiS) des frères jumeaux Kaczynski , qui dirigent la Pologne, a obtenu, jeudi 12 octobre, de repousser un vote sur l’autodissolution du Parlement. Les populistes d’Andrzej Lepper (Samoobrona), qui détiennent la clé de toute majorité à la Diète, ont accepté la demande des conservateurs de suspendre jusqu’à mardi prochain la session parlementaire, en attendant l’issue des discussions en cours pour leur réintégration dans la majorité. Le limogeage de M. Lepper du gouvernement est à l’origine de la dernière crise.



La leçon de Budapest
27 octobre 2006, 07:19
Filed under: Presse

Par une coïncidence fortuite, la commémoration de l’insurrection hongroise de 1956 a eu lieu sur fond d’un regain de tension entre l’Union européenne et la Russie. Il y a un demi-siècle, la guerre froide battait son plein et l’Europe s’unissait pour défendre la démocratie face aux menaces du stalinisme. Quelques mois après l’impitoyable répression de Budapest, naissait à Rome la Communauté européenne, qui allait se faire la championne des droits de l’homme et des libertés publiques.

Dans le discours qu’il a prononcé le 23 octobre à Budapest, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a eu raison d’affirmer que “les héros de 1956″ se sont battus pour tous ceux qui, en Europe, vivaient sous des tyrannies et aspiraient à s’en débarrasser. Il a justement rappelé que la “torche de la liberté” allumée par le peuple hongrois et courageusement brandie contre l’occupant soviétique a permis ensuite de mettre à bas les régimes dictatoriaux de Grèce, du Portugal et d’Espagne, avant d’abattre le mur de Berlin et de libérer les pays d’Europe centrale et orientale du joug de Moscou.

Les insurgés de Budapest ont légué à l’Europe la démocratie, a souligné M. Barroso, mais celle-ci n’est jamais acquise. Elle risque toujours d’être remise en question si la vigilance des démocrates se relâche. “Il suffit de regarder ce qui arrive aujourd’hui à la liberté d’expression et de pensée pour comprendre que ce danger existe”, a conclu le président de la Commission. M. Poutine n’était pas le seul visé, mais il était assurément l’une des cibles(…).M. Barroso a semblé lui emboîter le pas lorsqu’il a affirmé que l’énergie ne doit pas diviser l’Europe et la Russie comme l’avait fait le communisme. Il a toutefois ajouté que leurs relations doivent être fondées non seulement sur des intérêts communs, mais aussi sur des valeurs communes, manière de suggérer qu’il n’en va pas tout à fait ainsi et que la leçon de Budapest n’a pas encore porté tous ses fruits.

Cette leçon ne s’adresse pas qu’à la Russie. Elle concerne tous les pays tentés par diverses formes de nationalisme autoritaire, ces “hystéries politiques” dénoncées naguère dans son essai Misère des petits Etats d’Europe de l’Est par le sociologue hongrois Istvan Bibo, qui fut ministre dans l’éphémère gouvernement Nagy, en 1956, avant d’être condamné pour haute trahison puis amnistié en 1963. La fragilité des petites nations, expliquait-il, les enferme dans la peur et les rend méfiantes à l’égard de la démocratie.

L’avertissement vaut aussi pour les grandes nations, au moment où la construction européenne inquiète les opinions publiques et les pousse au repli identitaire, voire à la xénophobie. “Etre démocrate, c’est être délivré de la peur”, écrit Istvan Bibo, c’est “ne pas craindre ceux qui parlent une langue différente ou appartiennent à une race différente”.

Thomas Ferenczi
Le monde



Les maux de l’Europe de l’Est
30 septembre 2006, 08:16
Filed under: Presse

Plusieurs pays de l’ex-bloc soviétique connaissent une période d’instabilité marquée par des crises politiques, une paralysie électorale et certaines dérives populistes ou xénophobes. La presse européenne commente abondamment cet accès de fièvre.
The Times (Royaume-Uni)
Le quotidien juge que les pays d’Europe de l’Est “ont perdu une partie de l’élan que leur avait donné l’adhésion à l’UE. Depuis lors, des politiciens à la marge ont empoisonné le débat public. Le mois dernier, une campagne de haine gratuite orchestrée par l’ex-Premier ministre slovaque Vladimir Meciar a interpellé la communauté internationale quant au traitement accordé à la minorité hongroise de Slovaquie. A Varsovie, les partenaires de coalition des frères Kaczynski ont tiré profit d’un pur chauvinisme. (…) Dans toute la région, les appels pour la défense des intérêts des ‘vrais’ Polonais, Slovaques ou Hongrois ajoutent à l’anxiété grandissante de ceux qui ne sont pas assez ‘vrais’. (…) Le consensus autour de l’idée que l’Europe centrale souffre d’une ‘fatigue de la réforme’, même si cette thèse est quelque peu simpliste, aide à comprendre à la fois les difficultés que connaît actuellement M. Gyurcsany [Premier ministre hongrois] et le marasme économique de la région. (…) Il y a des raisons de s’inquiéter mais pas de désespérer. Il s’agit de sociétés encore fragiles psychologiquement, étouffées par le communisme, et leur rémission va être longue et pénible”.
Les Echos (France)
“Les Quatre de Visegrad [Hongrie, Pologne, Slovaquie et République tchèque] sont des partenaires européens plus accommodants que leurs partis politiques pourraient le laisser penser”, remarque Stéphane Dupont, journaliste du quotidien économique. “Pendant que la classe dirigeante s’écharpe, les affaires continuent. Et prospèrent. La plupart des nouveaux gouvernements d’Europe centrale ont été élus sur la promesse de réduire la fracture sociale, de revenir sur les politiques libérales menées ces dernières années. Mais il y a loin du discours aux actes. (…) Loin de fuir le maelström politique, les grands groupes internationaux continuent d’affluer en Europe centrale. (…) Crise politique ou pas, les nouveaux venus continuent de rattraper à grandes enjambées les anciens dans l’UE. (…) Ces errements politiques doivent être pris pour ce qu’ils sont : les symptômes aigus d’une crise de croissance accélérée, le contrecoup d’une émancipation soudaine.”
Przekroj (Pologne)
Dans un entretien avec Wawrzyniec Smoczynski, le politologue bulgare Ivan Krastev, directeur du ‘Centre for Liberal Strategies’ de Sofia, explique que les partis populistes d’Europe de l’Est s’appuient avant tout sur la culture. “Un des problèmes des populistes est qu’ils réclament plus de justice sociale dans leurs campagnes électorales, mais qu’ils ne savent plus quoi faire dès qu’il s’agit de gouverner. En matière de politique économique, ils deviennent donc libéraux, et compensent ce libéralisme en présentant toutes les difficultés économiques comme des problèmes d’ordre moral (…). Incapables d’améliorer la situation économique de leurs électeurs et de changer le système, ils se concentrent sur d’autres sphères. D’où une politique du symbole : la lustration, l’histoire, la lutte contre la corruption, la morale. Un des traits marquants du populisme en Europe de l’Est est le visage non pas politique, mais culturel, de ces partis. Ils recourent à une rhétorique des valeurs au lieu de représenter les intérêts du pays, et tentent ainsi de transposer les angoisses sociales et économiques de la population sur un plan culturel”.
Magyar Hirlap (Hongrie)
Une crise politique et un scandale de corruption pour le gouvernement populiste en Pologne, des mensonges et des émeutes en Hongrie, un gouvernement xénophobe et populiste en Slovaquie, une situation bloquée en République tchèque – le journal dresse un bilan négatif de la situation politique en Europe de l’Est. “Deux ans et demi après l’élargissement, les nouveaux Etats-membres d’Europe de l’Est sont marqués par les manifestations, l’instabilité politique, le nationalisme et la xénophobie (…). Les citoyens des anciens Etats membres cultivent un scepticisme de longue date à l’égard de l’élargissement. La situation actuelle de l’Europe de l’Est les conforte dans l’idée que la Roumanie et la Bulgarie ne sont pas encore mûres pour une adhésion à l’Union européenne. Quant aux investisseurs d’Europe occidentale, ils redoutent que les nouveaux pays membres n’aient pas la force d’entreprendre de nouvelles réformes”.
Sme (Slovaquie)
Dans une interview conduite par Miroslav Kern, Jacques Rupnik, directeur de la Fondation des sciences politiques de Paris, déplore la montée du nationalisme en Europe de l’Est. “Certains groupes politiques tentent de faire du nationalisme un élément mobilisateur. Il est intéressant de voir que la question hongroise est arrivée au premier plan juste après la prise de fonction du nouveau gouvernement slovaque. En Pologne, la rhétorique nationaliste se retrouve dans les actions quotidiennes du gouvernement et prend pour cibles l’Allemagne, la Russie et l’Union européenne. Les historiens se demandent actuellement qui, de l’Allemagne ou de la Russie, représente le plus grand danger (…). Nous verrons quelle attitude choisira le nouveau gouvernement tchèque. Toutefois, le cheval de bataille du Parti démocratique civique au pouvoir a toujours été la protection de la souveraineté nationale et des intérêts nationaux. Les dangers du nationalisme ont toujours été présents en République tchèque, même sous une forme édulcorée”.
L’Hebdo (Suisse)
“Jusqu’où ira cette mauvaise fièvre qui s’empare de l’Europe de l’Est ?”, s’interroge Jacques Pilet dans sa chronique hebdomadaire. “Gare aux clichés ! Les analystes la voyaient ultralibérale : c’était simpliste. Alors ne la peignons pas trop tôt en brun. Les partis ouvertement d’extrême droite y sont puissants mais ne sont pas près de conquérir le pouvoir. (…) Le danger est plus subtil. L’idéologie du chauvinisme xénophobe gagne de grands partis réputés raisonnables. Ceux-ci pratiquent le double langage. Quand leurs chefs vont à Bruxelles, ils jurent de leur attachement à la démocratie et à la bonne entente européenne. De retour chez eux, ils ne craignent pas de mettre de l’huile sur le feu des passions. On n’est pas au bord de l’incendie généralisé. (…) Et puis il faut bien dire que, bien au-delà de l’Europe de l’Est, l’esprit du temps est celui du retour aux ‘vieilles valeurs’. Pas toutes mauvaises, mais souvent illusoires et parfois vénéneuses.”
in english :

http://europe.courrierinternational.com/eurotopics/article.asp?langue=uk&publication=29/09/2006&cat=DOSSIER



Dominer le monde ou sauver la planète
23 septembre 2006, 08:28
Filed under: Presse

Un livre de Noam Chomsky, l’intellectuel de gauche américain, virulent détracteur de l’administration Bush, caracole en tête des meilleures ventes sur le site d’Amazon après que le président vénézuélien Hugo Chavez en a fait l’éloge mercredi 20 septembre à la tribune des Nations unies.

“Les Américains devraient lire ce livre Hegemony and Survival : America’s Quest for Global Dominance, plutôt que de regarder Superman”, a lancé mercredi le président vénézuélien, brandissant l’ouvrage devant les caméras du monde entier. Son conseil semble avoir été entendu. Quarante-huit heures après son discours, ce livre, publié fin 2003, est devenu numéro un des ventes sur le site en ligne Amazon.com et le troisième ouvrage le plus vendu par la chaîne de librairies américaines Barnes & Noble

 

Traduit en français sous le titre “Dominer le monde ou sauver la planète : L’Amérique en quête d’hégémonie mondiale”, le livre de Chomsky, souligne, selon son éditeur français, “l’illogisme et l’injustice” de la stratégie de sécurité nationale adoptée en 2002 par les Etats-Unis.

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Noam Chomsky souhaite rencontrer le président vénézuélien et dit comprendre la colère de ce dernier contre le président américain. “L’administration Bush avait planifié un coup pour renverser le gouvernement [de Chavez], explique le professeur, tout en précisant qu’il n’utiliserait pas de termes aussi rudes pour qualifier la politique de George W. Bush.



Le cas slovaque
20 septembre 2006, 14:17
Filed under: Presse

La gauche slovaque paie cher son alliance avec les nationalistes :
Deux mois après son investiture par le parlement de Bratislava, le gouvernement slovaque du socialiste Robert Fico paie son alliance avec l’extrême droite au prix d’une montée du nationalisme anti-hongrois, qui renforce la méfiance de l’Union européenne à son égard.

La multiplication d’incidents provoqués par des extrémistes de droite avec la minorité hongroise – qui représente dix pour cent de la population du pays – a fait monter la tension à l’intérieur du pays et provoqué une flambée de sentiments nationalistes de part et d’autre de la frontière slovaquo-hongroise. Le gouvernement slovaque a fait expulser vers la Hongrie, dimanche 17 septembre, le président de la formation nationaliste hongroise HVIM, Laszlo Toroczkai, venu prendre bruyamment à Bratislava la défense de la minorité hongroise. Les partisans de M. Toroczkai avaient brûlé des photos du leader de l’extrême droite slovaque Jan Slota lors d’une récente manifestation à Budapest.

Les gouvernements hongrois et slovaque ont eu ces derniers jours des contacts diplomatiques pour arrêter l’escalade. Une flambée nationaliste identique avait été stoppée dans les années 1990 par l’Union européenne qui avait fait dépendre la poursuite du processus d’adhésion de ces pays de la résolution des conflits de minorités.

Après les élections du 17 juin, l’alliance du parti Smer – une dissidence du parti social-démocrate – de Robert Fico avec le Parti national slovaque (SNS) de Jan Slota et le mouvement pour une Slovaquie démocratique (HZDS) de l’ancien premier ministre populiste Vladimir Meciar, a suscité des critiques dans de nombreuses capitales de l’ancienne Europe, qui s’inquiètent un peu partout de la montée à l’Est de partis extrémistes et populistes. Le Parti socialiste européen a suspendu le parti Smer de son groupe parlementaire au Parlement.

“MAUVAIS SOUVENIRS”

“Le retour du SNS au gouvernement fait peur, son passage aux affaires dans le gouvernement Meciar entre 1994 et 1998 a laissé de mauvais souvenirs”, constate Laszlo Pek, président de l’Union des pédagogues hongrois de Slovaquie. A l’occasion de sa première visite à Bruxelles, le 7 septembre, M. Fico a été invité par le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, à “respecter les droits des minorités nationales”. Il avait réaffirmé son engagement de ne pas revenir sur les acquis des minorités. Mais il s’était refusé à admettre l’existence d’une relation de cause à effet entre la présence du SNS dans son gouvernement et une “augmentation supposée d’actes xénophobe” en Slovaquie. “C’est faux, rétorque le politologue Grigorij Meseznikov. Le SNS irrite et provoque, dès qu’il est au gouvernement, des tensions avec la minorité hongroise et Budapest. Cela a été le cas dans le passé, ce le sera toujours.”

Sa présence dans la coalition et la réaction des socialistes européens agitent aussi le Smer. “Cette alliance déroutante est avantageuse pour M. Fico qui a les mains plus libres qu’il ne les aurait avec d’autres partenaires possibles, reconnaît M. Meseznikov, mais il s’est trompé en pensant troquer un vrai programme social-démocrate contre une tolérance pour son partenariat compromettant de la part de ses amis politiques.”

Le premier ministre mise pour se racheter sur la mise en oeuvre de son “programme de gauche”. M. Fico a d’ores et déjà mis en pratique par décrets ses promesses électorales en direction de l’électorat populaire. Après la suppression du ticket modérateur sur les visites et les ordonnances médicales, le cabinet a approuvé la baisse de la TVA sur les médicaments de 19 % à 10 % à compter du 1er janvier 2007.

Par cette mesure, il met fin au taux unique des impôts directs et indirects, la “flat tax” dont était si fier le gouvernement libéral de son prédécesseur Mikulas Dzurinda. Le gouvernement a également battu en brèche la sacro-sainte libéralisation des prix en décidant, mercredi 13 septembre, d’encadrer de nouveau les prix des carburants et de l’énergie qui ont flambé ces derniers mois, au-delà des hausses constatées dans les autres pays.

“Le gouvernement a annoncé qu’il mènerait une autre politique, les premières intentions montrent clairement qu’il va réviser les axes et les réformes de l’équipe précédente”, estime M. Meseznikov. Si le volet social est la clé de voûte du programme du cabinet Fico, sa première décision cet été fut aussi d’annoncer le retrait du symbolique contingent militaire slovaque d’Irak. Désireux de ne pas brusquer les autorités américaines, le premier ministre s’est rendu personnellement à Bagdad pour discuter des modalités avec les dirigeants irakiens et les représentants américains et proposer une aide civile. “M. Fico et ses alliés sont bien plus proeuropéens et moins atlantistes que M. Dzurinda et ses partenaires chrétiens-démocrates et hongrois”, remarque un diplomate de la vieille Europe.
Martin Plichta / Le monde



European bordel : populisme…
20 septembre 2006, 14:06
Filed under: Presse

Emeutiers en Hongrie, populistes au pouvoir en Pologne et en Slovaquie, la radicalisation de la vie politique dans les nouveaux membres de l’Union européenne (UE) interpelle leurs partenaires. L’inquiétude est d’autant plus nette que les réformes et la question de l’intégration européenne cristallisent les oppositions dans les capitales d’Europe centrale.Mardi 19 septembre, le commissaire européen hongrois, Laszlo Kovacs, ancien premier ministre socialiste, a résumé l’état d’esprit général à propos des événements de Budapest : le retour au calme, a-t-il dit, est “dans l’intérêt du peuple hongrois, mais aussi de toute la communauté européenne”.

L’UE reste cependant d’une grande prudence face à l’embrasement du débat politique chez ses nouveaux membres. “La montée des populismes ne suscite pas à Bruxelles les mêmes réactions qu’il y a six ans, quand l’extrême droite est entrée au gouvernement en Autriche. C’est sans doute l’effet du nombre, de l’éloignement, d’un moindre sentiment d’identité”, constate un diplomate.

En 2000, les anciens Etats membres avaient imposé des sanctions temporaires contre la coalition composée par le chancelier autrichien Wolfgang Schüssel, avec le parti d’extrême droite de Jörg Haider. Aujourd’hui, ils cherchent à calmer le jeu. Au Parlement, les réactions plus tranchées suscitent de vifs débats. Le Parti populaire européen (PPE), qui regroupe les droites européennes modérées, a réclamé, mardi, la démission du premier ministre hongrois, Ferenc Gyurcsany, auquel le Parti socialiste européen (PSE) a apporté son appui.

L’EFFET POST-ÉLARGISSEMENT

Le commissaire responsable des questions économiques, Joaquin Almunia, a estimé, mardi, que l’assainissement des finances hongroises était “dans l’intérêt de la population”, tout en reconnaissant qu’il s’agit d’un “processus douloureux”. D’une manière générale, la Commission demande le respect des engagements, mais sans chercher la confrontation.

Tout en rappelant les lignes rouges à ne pas dépasser, comme la remise en question de la peine de mort par les populistes polonais, José Manuel Barroso, président de la Commission, veut juger les gouvernements à leurs actes. C’est le message qu’il a fait passer au premier ministre conservateur polonais, Jaroslaw Kaczynski, et au chef du gouvernement slovaque, le socialiste Robert Fico, tous deux alliés à l’extrême droite, lors de leurs passages à Bruxelles début septembre. Il s’agit, à ses yeux, de ne pas radicaliser davantage les élites politiques dans des pays où les enquêtes d’opinion démontrent la constance de l’attachement européen.

En guise d’explication, les milieux européens constatent la “fatigue” perceptible dans ces pays en pleine transition, deux ans après leur accession à l’UE en 2004. En dépit de taux de croissance enviables, les nouveaux adhérents d’Europe centrale laissent apparaître leurs faiblesses politiques et économiques. “Ce qui est frappant, c’est l’effet post-élargissement observable dans plusieurs pays, à des degrés divers. L’Europe n’est plus une promesse mais une réalité, elle ne garantit pas nécessairement le développement”, observe Jean Pisani-Ferry, directeur du centre d’étude économique Bruegel, à Bruxelles.

Le phénomène est d’autant plus fort que l’adhésion à l’euro, plus ou moins proche, nécessite de nouveaux efforts de ces pays. L’eurodéputé socialiste Harlem Désir considère que les tensions actuelles illustrent le besoin d’une pause dans les réformes libérales qui se sont succédé à l’Est depuis la chute du rideau de fer : “Ce phénomène n’est pas antieuropéen. L’accession a été un succès. Il y a une demande de politiques plus respectueuses des attentes sociales.”

MINIMISER LES RISQUES

Le manque de maturité politique des huit pays issus du bloc soviétique est mis en cause. D’après un haut diplomate, “cette instabilité nous rappelle que le changement démocratique y est assez récent. Cela prouve que l’adhésion à l’Union n’est pas toujours synonyme de consolidation”. “La transition vers l’économie de marché est pour l’essentiel achevée, mais pas la transformation des sociétés. Celles-ci ont connu des changements si profonds et si rapides qu’il n’est pas étonnant qu’elles réagissent, au point de susciter une certaine instabilité politique”, ajoute M. Pisani-Ferry.

Le ton devrait-il se durcir ? Le député européen socialiste Pierre Moscovici, ancien ministre français aux affaires européennes, “condamne le silence et la passivité de l’Union européenne, qui a tort de minimiser les risques”. Mais ce point de vue reste à ce stade isolé.

 

Thomas Ferenczi et Philippe Ricard / Le Monde



Les “archives de la terreur” : Stroessner !
28 août 2006, 16:43
Filed under: Presse

Stroessner est mort en toute impunité
La pugnacité de Martin Almada n’y aura rien changé. C’est dans son exil doré brésilien que l’ex-dictateur paraguayen Alfredo Stroessner est mort, le 16 août 2006, à l’âge de 93 ans. Martin Almada, un infatigable militant des droits de l’homme, tentait depuis de longues années d’obtenir l’extradition de cet homme et son jugement au Paraguay. La justice argentine et celle du Paraguay avaient d’ailleurs relayé ses actions et demandé au Brésil de lui remettre l’homme qui a dirigé d’une main de fer le Paraguay pendant plus de quarante ans (1954-1989). Mais le Brésil n’a jamais donné suite à ces demandes, garantissant ainsi une impunité éternelle à cet homme.

La déception de Martin Almada est d’autant plus grande que le procès d’Alfredo Stroessner aurait pu permettre, pour la première fois, le jugement d’un des principaux artisans du plan Condor, une opération de répression commune lancée dans les années 1970 par différentes dictatures sud-américaines. Martin Almada avait découvert en 1992 plusieurs tonnes de documents longtemps cachés dans un bâtiment de police à Asunción, la capitale paraguayenne, qui relataient l’histoire de milliers de prisonniers politiques sud-américains. Baptisés les “archives de la terreur”, ces documents apportaient la preuve que le Paraguay a joué un rôle déterminant dans l’organisation et l’exécution du plan Condor.

La journaliste d’investigation argentine Stella Calloni, l’une des meilleures spécialistes de cette période sombre de l’Amérique du Sud, dresse un bilan des crimes de ce dictateur d’origine allemande qui a été renversé en 1989 par un coup d’Etat fomenté par les militaires paraguayens. “Ce coup d’Etat s’est produit lorsque Washington a décidé qu’il fallait changer quelque chose pour que rien ne change”, écrit Stella Calloni dans le quotidien mexicain La Jornada. “Le régime de Stroessner a fait entre 4 000 et 5 000 morts. C’était l’une des dictatures les plus répressives d’Amérique latine et qui, de plus, a eu le ‘privilège’ de compter les plus anciens prisonniers du continent. Environ 400 000 personnes ont été envoyées en prison, victimes de persécutions ou de tortures et 1 million d’autres a dû partir en exil.” Stella Calloni ne peut donc que regretter que le doyen des dictateurs latino-américains ait continué de profiter en exil de la protection des Etats-Unis. “Stroessner est mort ‘sauf’ grâce à l’impunité que lui conférait tout ce qu’il savait sur ses protecteurs éternels à Washington.”

Avec sa disparition, le Paraguay espère pouvoir aller plus loin dans son travail de mémoire et réussir à faire enfin toute la lumière sur le fonctionnement du régime Stroessner. Le hasard a voulu que la date de sa mort coïncide avec l’inauguration au Paraguay d’un musée de la Mémoire de la dictature et des droits de l’homme qui devrait abriter dans l’avenir une école de la Démocratie. On ne manquera pas d’y enseigner l’histoire de cet homme qui, comme l’explique Martin Almada, laisse “un héritage maudit. […] Le mal qu’il a fait perdurera encore longtemps. Il a persécuté le peuple et tous ceux qui pensaient, il a voulu détruire la culture. La peur est la deuxième peau des Paraguayens et elle continuera de l’être, même si elle n’est plus présente.”
Olivier Bras




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